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Art contemporain

"Y'a beaucoup de choses qui m'ont été inspirées sur... dans des biennales d'art contemporain, parce que c'est là où je puise ma principale source d'inspiration. Je trouve que justement l'artiste contemporain, l'art contemporain est une des rares choses où tout peut exister (...) C'est extrêmement osé. Je trouve que dans l'art contemporain, on ose plus que dans le rock aujourd'hui." 
Nicolas Sirchis à Pompidou Metz, Le Républicain Lorrain2013

Si vous êtes un lecteur du présent blog, vous aurez remarqué que le gros du travail du Nicolas sur ses différents projets musicaux a toujours tourné autour de l'image et du visuel. Et très souvent sans aucun lien avec la musique que cela serait censé soutenir.
"Je voulais être photographe, journaliste, écrivain... Chanteur, non." 
Nicolas Sirchis in Kissing my songs, Agnès Michaux, Flammarion, 2011

Dans une des plus vieilles archives papier sur les goûts non musicaux des membres d'Indochine, Nicolas y est déjà présenté comme "un amoureux de l'image". Alors que Stéphane est un fan de bandes dessinées, lui "son jardin secret c'est la photo".

Une description du Leicaflex SL-2, pour ceux qui aiment la photo
"Troquant, dès qu'il en a la possibilité son micro contre un Canon automatique ou un Hasselblad, le grand plaisir de Nicolas est de s'enfermer dans une chambre noire accompagné d'une jeune fille aux traits délicats... Eh oui, il n'aime qu'une chose: réaliser des portraits noir et blanc de sujets féminins !"
José Bosquet, Passions Indochinoises, Salut! n°209, 1983 

"J'attarde beaucoup à l'image (sic), parce que, bon, j'ai toujours été, moi... intéressé par la peinture. Dès 16 ans, j'allais dans tous les musées... par la peinture, par les... la culture, en tout cas, tout ça. Ça m'a toujours intéressé." 
Nicolas Sirchis à Pompidou Metz, Le Républicain Lorrain, 2013

Nicolas faisait notamment de la photo à l'époque des jeunes gens modernes :

Photo prise par Nicolas, pour Moderne (1982)

La seule autre production à se mettre sous la dent (hors photos sur les réseaux sociaux) est un tableau au catalogue "100 Hommes pour la vie" pour une vente aux enchères au profit de la recherche contre le cancer en 2006. Les autres contributeurs sont aussi divers que Steevy Boulay ou Serge Dassault.


L'approche pluridisciplinaire dans les productions artistiques est souvent source d'originalité. Chez Indochine, c'est probablement l’intérêt de Nicolas pour le cinéma, la photographie, l'ailleurs fantasmé par les films et les images, la syntaxe percutante de titres et de slogans et une écriture par collage qui fut jadis source de singularité dans ses paroles.

Rapidement, dans ces années Jack Lang, comme pour s'élever par rapport à ses origines banlieusardes ses références se font plus "culturelles", dans la définition ministérielle du mot. Son Orient passe d'hollywoodien en 1982 à durassien en 1985, avant d'être rejeté dans les années 90. Dès lors, ne faut-il retenir que l'aspect littéraire des paroles, plutôt que la réalité des thèmes abordés ? 
"Malheureusement, je me suis laissé piéger par le nom du groupe et au final, je trouve que l'univers est trop évidemment extrême-oriental. Il y avait sans doute une envie d'Asie dans l'air..." 
Nicolas Sirchis à propos du Péril JauneKissing my songs, Agnès Michaux, 2011

Sans doute, oui.


"D'où est venue d'ailleurs l'idée de 'Kao Bang' et le côté asiatique de l'album Le Péril Jaune ?
C'était surtout dû à Nicolas qui aimait ces ambiances. J'aimais l'esthétique asiatique et je traînais souvent dans le treizième arrondissement. On était même parfois habillés avec des habits chinois de kung fu ! (rires)"
Dominique Nicolas, Platine, 2004

Depuis, Nicolas aime à répéter qu'il fréquente beaucoup de musées (surtout leurs cafés et librairies). Ont déjà été cités :
  • Man Ray (Dada et surréalisme) pour Le Baiser
  • Egon Schiele (expressionnisme) pour Un jour dans notre vie
  • Mark Ryden, Ana Bagayan et Ray Caesar (surréalisme pop) pour Alice & June
  • Sophie Calle (art conceptuel & installation) pour La République des Météors
  • Henry Darger (art brut) pour 13

Ses coups de foudre semblent venir de ces expositions :

@ Trianon de Bagatelle, du 31 mars au 5 juin 1989

@ Musée-Galerie de la Seita, du 15 décembre 1992 au 27 février 1993

@ 52e Biennale de Venise, 2007
@ BNF, 2008

@ Musée d'Art Moderne, MAM, du 29 mai au 11 octobre 2015

@ Musée National des Arts Asiatiques - Guimet, du 22 février au 22 mai 2017

Voir : David Bowie

"Oui ben justement, j'ai appris que... Madame [Marie-Claire Adès, ndlr] était justement, s'occupait du musée de la Seita où j'avais été y'a deux ans voir une superbe exposition d'Egon Schiele... C'est là où j'ai écrit une chanson d'après ça, d'après... ce peintre là que j'aime beaucoup."

Nicolas Sirchis, LCI, 1994

Nous ne jugerons pas la découverte de peintres ou plasticiens lors des grandes et très médiatisées expositions parisiennes. Au contraire, c'est même plus que louable d'être curieux dans ce domaine et de promouvoir les arts visuels à un jeune public. Et comme Nicolas semble croire dans le mythe de l'ascension sociale par la culture, c'est normal que cela nourrisse ses centres d’intérêt. Par contre, nous émettons un bémol sur sa posture d'esthète exceptionnel, puisqu'une fois passé les têtes d'affiche ou les gros événements, il semble largué. (Voir le reste du blog)

Par exemple, selon ses dires, sa grande passion serait l'art contemporain. Mais à ce sujet, il ne cite quasi-exclusivement que Sophie Calle. Laquelle l'avait invité avec une quarantaine d'autres musiciens et de chanteurs français et étrangers pour composer, chacun, un morceau pour une expo en hommage à son chat décédé. Le casting est impressionnant et nous pouvons imaginer l'enthousiasme de ce projet pour Nicolas, ici totalement en solo.


Pourtant elle est absente du clip de "Nos Célébrations" où nous apprenons que les trois artistes les plus marquants des quatre dernières décennies seraient Damien Hirst, Jeff Koons et Erwin Olaf.



- Je trouve que dans l'art contemporain c'est là où ça se passe en ce moment. Depuis une vingtaine d'années, c'est plus dans la musique, je .... aujourd'hui hein. L'audace est dans l'art contemporain, mais dans la danse contemporaine aussi. Moi j'ai beaucoup de ...
- Elle n'est plus dans la musique ?
- Je dis pas qu'elle n'est plus dans la musique. C'est pas dans cette généralité là. Mais je trouve qu'elle est plus originale... L'audace, elle est plus aud... effectivement, elle est plus forte dans l'art contemporain aujourd'hui. Il y a plus de force... euh... et c'est là où je puise mon inspiration.  
Nicolas Sirchis face à Léa Salamé, Stupéfiant!, 2019
 
- Quelle est votre définition de l'art ?
- Je pense que l'art c'est rendre ce qui est laid beau et ce qui est beau laid. C'est un peu ce que je pense. 
- Merci.
- Pas mal !
Nicolas Sirchis face à Léa Salamé, Stupéfiant!, 2019

Les pré-XXe apprécieront, on avait pourtant demandé une définition de l'art et non de l'art contemporain. Nicolas semble vraiment toujours être en improvisation sur ces sujets là. Il propose des réponses comme un étudiant lors d'un oral non préparé. Et nous ne saurons jamais de la bouche du chanteur d'Indochine en quoi l'art contemporain est plus audacieux, fort et osé que le rock. 

Mais surtout, si c'est là le fond de sa pensée, que pense t-il faire avec le projet Indochine, du rock ou de l'art ? Si la deuxième réponse devait s'imposer en priorité, peut-être est-ce la raison pour laquelle il a poursuivi son entreprise toutes ces années, après avoir dit qu'il ne pourrait plus chanter "L'Aventurier" ou "Troisième Sexe" à partir d'un certain âge. 

Il serait peut-être ridicule, admettons, de chanter du rock exotique à soixante ans avec les cheveux blancs, mais ça ne l'est pas si c'est de l'art. À la différence de l'art muséal, la chanson et plus globalement la musique populaire ne seraient qu'un art mineur, comme l'avait soufflé Serge Gainsbourg. Et justement :
"J'avais beaucoup discuté à l'époque avec Serge Gainsbourg qui était lui catastrophé en disant 'moi ce que je fais c'est de la merde, je vole l'argent des pauvres, je fais un art mineur'. Quelque part je suis d'accord avec lui, ce qu'on fait en chanson c'est pauvre par rapport à un..."
Nicolas Sirchis à Pompidou Metz, Le Républicain Lorrain, 2013

Nous ne savons pas si Nicolas évoque une vraie discussion avec Serge Gainsbourg, mais lors de la fameuse altercation avec Guy Béart dans Apostrophes en 1986, l'homme à tête de chou employa à peu de chose près les mêmes mots.

Et surtout, pauvre par rapport à un quoi ? Nous savons que Nicolas ne finit pas ses phrases quand il n'est pas à l'aise, mais nous aurions aimé connaître la suite. Peut-être pensait-il à une œuvre d'art exposable dans un musée comme celui où il se trouvait, ou bien des pratiques plus institutionnalisées :
"Comment voyez-vous votre reconversion après Indochine ?
Mon rêve, ça serait de faire des musiques de films. Parce que je serais toujours dans les images.
Nicolas Sirchis in Indochine, Jean-Eric Perrin, Calmann-Lévy, 1986

D'un certain point de vue, Nicolas n'est-il pas en train de réaliser ce vieux rêve, en considérant qu'il participe à la mise en musique d'un univers essentiellement visuel ? 

Lors de l'interview au Pompidou Metz en 2013, Paul-Marie Pernet pointe le cœur du sujet :
"Est-ce finalement moins douloureux de créer un spectacle et d'exprimer, je reprends votre expression, 'les délires dans votre tête' sans les mots, juste avec la photographie et la vidéo sur votre musique ?"
 
L'avis d'Olivier Gérard à ce sujet serait intéressant. On sait le fameux oLi De SaT très fan de Trent Reznor, qui s'est dirigé ces dernières années vers une carrière de compositeur de musiques de films. Une évolution très logique vu son parcours avec Nine Inch Nails, connus pour avoir toujours su mêler une musique puissante et des visuels percutants, notamment les arts numériques et la 3D.

Pour en revenir à Nicolas, on pourrait évoquer l'illustration sonore d'une vaste publicité artistique (ou art publicitaire). On ne compte plus les grands photographes, plasticiens, stylistes ou cinéastes ayant fait leurs armes aux services d'une marque ou d'un produit, car c'est là où il y a un besoin de travail et parfois les moyens de produire quelque chose avec une qualité professionnelle. Véhiculer un concept ou une idée par des œuvres, c'est déjà de la publicité.

"On vend justement l'illusion du monde moderne, c'est l'art contemporain, c'est ça." 
Nicolas Sirchis, En balade avec de Nikos Aliagas, Europe 1, 2017 

Comme notre héros aimerait en jeter, autant que les personnes plus érudites qu'il est amené à croiser !

Pourquoi une place si fondamentale du visuel chez Nicolas ? Possiblement une manière plus évidente d'amener ses groupes sur le terrain de l'art-rock, ce qu'il fit par exemple sur la fin d'Indochine Mk1, avant de reproduire exactement le même schéma avec Indochine Mk2. Des premiers albums résolument adolescents (L'Aventurier, Le Péril Jaune pour Mk1 ; Paradize, Alice & June pour Mk2), puis une envie d'accéder à un statut supérieur par la combinaison de plusieurs domaines artistiques, et des références culturelles plus marquées (3, 7000 Danses, Le Baiser pour Mk1 ; Meteors, Black City pour Mk2). Y'avait-il une envie d'être considéré comme un artiste multidisciplinaire comme David Bowie ? Pensez à Alice & June, son décorum et surtout son soit-disant concept qui ne fut rien d'autre qu'un moyen pour vendre vingt-deux morceaux. 

Mk2 en 2005 par Peggy m., séance inspirée du Déjeuner sur l'herbe, Manet, 1863


Mais alors, pourquoi spécifiquement l'art contemporain plutôt que tous les Beaux-Arts dans le discours de Nicolas ? 

Au lieu d'être réellement subversif ou politique, une grande partie de l'art contemporain aime jouer avec les thèmes qui bousculent les vieux réactionnaires comme le sexe, la religion, le choc des générations... Soit certains des thèmes du rock depuis plus de soixante ans, et sur lesquels Nicolas se calque volontiers. La transgression et la provocation, est-ce cela qui lui parle tant ? Ou alors est-ce que citer le monde de la culture lui permet d'esquiver un paysage musical qui le dépasse, ou ne l'intéresse pas ?

De plus, l'intérêt de Nicolas pour "là où ça se passe en ce moment" ressemble à un aveu, comme quoi il s'intéresse à ce vers quoi la mode parisienne le mène, loin d'une culture alternative depuis longtemps rejetée, ou d'un parcours culturel plus personnel apparemment difficile. L'art contemporain a fort bonne presse dans les milieux bourgeois, mais comme toute activité humaine, même artistique, il est loin d'être à l'abri des critiques.

Frank Lepage, militant et éducateur populaire, spécialiste des politiques culturelles, explique assez souvent ce qu'il nomme "l'arnaque de l'art contemporain", qui ne serait fondamentalement pas une évolution historique de l'art moderne désignant les œuvres actuelles, mais un marché spéculatif brassant du vent.
"Pourquoi attendre le jugement de la postérité ? Pourquoi attendre deux siècles que le public décide qu'une œuvre a de la valeur ? Un Rembrandt, un Picasso, j'en sais rien. Il suffit d'inverser le truc. Il ne faut pas attendre que ce soit l'œuvre qui fasse l'artiste, il faut faire le contraire. Il faut désigner des gens comme 'artistes' et à ce moment là tout ce qu'ils font c'est de l'art. Et c'est de l'art immédiatement, et vous pouvez construire un marché avec ça."
 Frank Lepage sur l'art contemporain, Centre Culturel Jacques Tati, Amiens, 2015

Nicolas embrasse clairement cette conception essentialiste, et fait exactement ce que dénonce Lepage : il s'autoproclame rockeur, poète, rebelle, esthète, cultivé par son jeu de références et de collaborations. Dès lors, tout ce qu'il fait gagne ces qualificatifs et la critique devient difficile voire interdite. L'absence d'appréciation ou d'acclamation est alors exclusivement expliquée par l'incompréhension de la démarche de l'artiste créateur. Un argument fallacieux que partagent les amateurs d'art contemporain et les fans d'Indochine.

Comme dans tout monothéisme, le verbe précède la réalité.

Sur les colonnes de Buren au Palais Royal, Paris, 2020


Voir aussi sur le blog : 

Influences et références

2009 - La République des Météors


Mk2 en conférence de presse, Couvent des Cordeliers, 2009

Entre un album saugrenu vendu comme un concept mais qui n'en avait pas grand chose, et deux autres albums aux morceaux et aux thèmes interchangeables, se cache un disque bien plus pertinent. L'anomalie d'Indochine Mk2, qui prouve ici qu'il est capable de réaliser un album cohérent.
"Est-ce qu'il y a une thématique, un concept, comme il y avait sur le précédent ?
- Aucune. (rires)
Y'a aucune thématique, ni un concept, c'est vrai qu'Alice & June est un album conceptuel, y'a une série de morceaux mais ce qui en ressort un petit peu c'est le côté euh... Enfin je sais pas, il faut peut-être se poser la question... Enfin je sais pas, vous avez juste entendu des extraits et caetera donc c'est difficile, euh... C'est euh... Comment dire, en fait c'est quand même parti sur, je vais un peu me la péter intellectuellement, mais c'est parti de la lettre de rupture qu'a reçu Sophie Calle, euh, et donc elle a fait une exposition, que j'ai lue, relue, et analysée, et effectivement après, cette thématique s'est euh... s'est comment dire, j'ai travaillé un petit peu dessus, et puis ça a dérivé sur la séparation, les déchirures, les choses comme ça... La vie... Voilà."  

Nicolas Sirchis, conférence de presse au collège des Bernardins, 2009

Si Nicolas avait été plus malin, il aurait dit que oui, bien sûr qu'il y a un thème : la séparation, les déchirures dans la vie personnelle, avec la guerre, la grande Histoire en fil rouge, mais non. Curieusement il semble avoir préféré couper net avec le prétendu concept de l'album précédent, alors qu'il avait construit, sans le faire exprès, un album plus conceptuel qu'Alice & June. Peut-être est-ce au fil des interviews qu'il se rend compte qu'il y a quelque chose à dire, puisqu'il se corrige quelques jours plus tard :
"La République des Météors» est-il le plus «curieux» de vos albums? 
Curieux, je ne pense pas. Invraisemblable peut-être, car c’est devenu un de nos concept-albums les plus réussis par accident. Rien n’était prévu. On a tenté toutes les expériences possibles. La République des Météors  regroupe toutes nos influences. [...]

Quels thèmes abordez-vous ?
La thématique centrale est l’absence. L’idée m’est venue en allant voir l’exposition de Sophie Calle à la Biennale de Venise. J’avais été très touché par sa démarche artistique. Elle a réussi à magnifier quelque chose de totalement privé autour d’une lettre de rupture."
Nicolas Sirchis, CNews, mars 2009
Start Up lui demande en mars 2009 si "l'élément déclencheur de La République des Météors c'est la lettre de Sophie Calle ?" :
"Non, ce sont plusieurs choses. D'abord la musique. Je ne savais pas du tout de quoi j'allais parler après deux albums-concepts assez forts. J'étais dans le schwartz, comme on dit... Alors je me suis pris en main. Ça a commencé par une découverte de la Biennale de Venise, puis il y a eu les lectures, les voyages en Finlande ou à Berlin, la vie..."

Deux albums-concepts ? Avons-nous raté quelque chose ? 


Voir : Art contemporain


Restons sérieux et entendons-nous bien, La République des Météors n'est toujours pas un vrai album-concept comme le furent The Wall ou Tommy, puisque ce type d'album demande des personnages, une chronologie, une histoire racontée par les chansons, et qui ne tolère aucun remplissage. De plus, comment voulez-vous réussir un concept-album par accident ? En revanche s'il avait dû n'y en avoir qu'un à être défini ainsi, ça aurait dû être celui-là et non le foutraque Alice & June, dont Nicolas n'a jamais su expliquer la prétendue histoire. C'est bien ce qu'il semble confirmer à travers cette contradiction drolatique :
"Ce disque est un peu comme un météore. Il y a plein de morceaux qui partent dans tous les sens, sans liaison les uns avec les autres. Finalement, c’est devenu, par accident, l’enregistrement le plus conceptuel du groupe."

Nicolas Sirchis, L'Humanité, mars 2009

Que cela puisse tempérer les irréductibles qui continuent de croire qu'Alice & June constitue l'album-concept définitif d'Indochine Mk2, et par ailleurs que Nicolas élabore ses œuvres de façon lucide, avec des messages profonds et des niveaux d'interprétation savamment construits.

Voir : 2005 - Alice & June


Si nous laissons de côté les bricolages et improvisations du chanteur,
La République des Météors tient debout. C'est un album étrangement mature, aux thèmes adultes, et au concept audacieux car relativement peu vendeur. Contrairement aux albums précédents, celui-là ne correspondait pas aux thématiques rock à la française, à savoir la posture rebelle, le look, le visuel et le jeunisme à tous les étages. On était alors à la fin des années 2000 et les postures rock étaient encore très populaires chez le public cible d'Indochine Mk2. En cela, préférer des instruments acoustiques, originaux, et une posture plus pop (entendre ici un son plus soft et moins agressif) était un choix risqué pour un groupe qui avait ciblé un public emo et gothique pendant près de dix ans. Le Grand Soir, La Lettre de Métal, L World, Bye Bye Valentine, Le Dernier Jour et même Union War ne constituaient pas, pour ainsi dire, des appâts pour adolescents lookés. Quant à lui, le premier single Little Dolls rattrapait le revival post-punk en mimant les guitares d'Editors, un peu tard pour capter la mode mais suffisamment intelligemment pour ne pas en proposer un copié-collé. (Tom Smith, leader d'Editors, écrira The Lovers en 2013 avant d'en proposer sa propre version.)

Malgré ses qualités, l'album désorienta beaucoup de fans qui avaient aimé Paradize et Alice & June. La tournée fut pourtant impressionnante, d'une élégance inattendue de la part de l'auteur de "Vibrator", festive mais bien plus sage que les scènes d'hystérie qui avaient fait l'Alice & June Tour. Des vidéos documentaires sur le début du XXe siècle, souvent en noir et blanc, étaient projetées sur plusieurs écrans entourant une scène à l'aspect industriel. Entre les morceaux, on pouvait entendre des marches militaires et des sirènes menaçantes. Parallèlement, les clips de Little Dolls, Le Lac et Le Dernier Jour restèrent dans la thématique de l'album et de la tournée.


Les bonnes idées étant rares chez Indochine Mk2, le Meteor Tour fut immortalisé sur le très moyen Putain de Stade, concert en plein air avec un Nicolas autotuné, noyé dans ses onomatopées, et des choix de réalisation centrés sur les fans qui rendent le film difficilement supportable, malgré de très beaux plans de caméra. 


Histoire de rappeler à tout le monde que malgré les Meteors, Indo reste un groupe de jeunes.
  
Comme un seul gâchis ne suffisait pas, Nicolas a cru bon de ne publier Le Meteor sur Bruxelles qu'incomplet et dématérialisé, ce qui a participé à le faire tomber dans l'oubli alors que le concert est supérieur à Putain de Stade : le son est bien meilleur et Nicolas chante mieux tout en étant largement moins retouché.


Quant à elle, la pochette de La République des Météors est une réussite esthétique, bien qu'elle nous inspire plusieurs commentaires. Premièrement, elle ne compte que les références personnelles de Nicolas dont il s'entoure encore une fois pour embellir son image. Cette pochette résume sa manière de penser sa culture : il se place au centre d'un patchwork de références comme autant de lumières tournées vers lui. Elle montre encore une fois qu'Indochine Mk2 est un projet solo, puisqu'elle ne montre que des références choisies par Nicolas. Si Mk2 était un groupe, les musiciens auraient des influences communes et digérées collectivement, mais à l'image de la pochette, ils sont juste là pour servir l'univers de Nicolas.
"Il y a une référence notoire à Sgt Pepper. Je voulais présenter un patchwork de toutes nos influences. Sur la pochette, on voit Patti Smith, David Bowie, un zeppelin en hommage à Led Zeppelin. On aurait aussi pu mettre aussi Brian Ferry, les Sparks, Sid Vicious, Joe Strummer Et puis, il y a toutes nos références littéraires: Salinger, Simone de Beauvoir, Apollinaire, Rimbaud et Marguerite Duras, qui nous a inspiré le nom d'Indochine. Des personnalités scientifiques aussi, comme Freud, Pierre et Marie Curie. Toutes ces figures, c'est un peu la république d'Indochine. Pour le meilleur et le pire, avec des dictateurs comme Staline. D'où le titre La République des Meteors. Toutes ces personnalités ont, chacune à leur niveau, marqué notre époque."

Nicolas Sirchis, La Presse, mars 2009

D'une référence voulue à la pochette de Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band, on est plus proche d'une peinture religieuse à la gloire d'une seule idole. 

Les Noces de Cana, Véronèse, 1571

Mais le Dig out your soul d'Oasis sorti en 2008 a également dû jouer. Le groupe mancunien y référençait déjà l'esthétique psychédélique de la fin des années 60, ainsi que sa musique.


Deuxièmement, cette pochette pensée comme un résumé des influences du groupe occulte totalement celles d'Indochine dans les années 80. Pas de trace de Gilbert Bécaud, William Sheller, ni Henri Salvador que Nicolas citait à l'époque. The Clash dont Stéphane et Dominique étaient fans, Joe Jackson, Hank Marvin sont absents. Serge Gainsbourg, Jacques Higelin et Renaud également.

Nicolas n'a pas eu le droit de mettre la photo de Bowie de 1975 qu'il voulait (voir annexes), c'est donc celui de Heathen qui apparaît en tout petit, un album de 2002 qui ne l'a pas intéressé du tout. Aucun auteur de bande dessinée non plus, pas même Henri Vernes, l'auteur des romans Bob Morane, à qui seront préférées des figures plus littéraires. Simone de Beauvoir quant à elle, n'apparaît qu'en rapport au jeu de mots de "Troisième Sexe"...

Voir : Marguerite Duras et la bande dessinée


On voit à l'inverse des personnalités dont Nicolas n'a jamais parlé (voir annexes). Nous nous demandons par exemple en quoi Pierre et Marie Curie constituent une influence. La présence de Sigmund Freud, fondateur de la très controversée (scientifiquement et moralement) psychanalyse, nous pose davantage question sans pour autant nous étonner. Ladite pseudoscience et ses bienfaits refont d'ailleurs surface dans le parpaing de Rafaëlle Hirsch-Doran, et il nous semble souhaitable de ne pas prendre cela à la légère.

Voir : Indochine par Nicola Sirkis & Rafaëlle Hirsch-Doran


Il semble que Nicolas n'ait pas su aller plus loin que ça pour trouver des références "scientifiques" à ajouter au patchwork. Est-ce une revanche sur son échec scolaire ? N'a t-il trouvé personne d'autre que  Sigmund Freud en cinquante ans ? Et comment faut-il entendre sa mention d'un dictateur comme faisant partie de la république d'Indochine, pour le meilleur et pour le pire ? Avait-il quelqu'un en tête ?


Cette compilation sortie à la même époque présente 11 titres choisis par Indochine, entendre "choisis par Nicolas", comme une énième occasion de faire un peu de namedropping. On y retrouve d'ailleurs Suede et David Bowie. Quant à la présence des copains d'Asyl, nous imaginons qu'ils devaient avoir besoin de ronds.


Dès 2013, le jeunisme fut définitivement de retour avec Black City Parade, Nicolas décidant même au cours de la tournée de relancer la mascarade de Tallula, réactivant la compétition entre fans pour attirer l'attention du leader. Pourtant, le premier single abordait la douleur pérenne de la séparation et l'envie de revenir auprès de l'être aimé. En ce sens, il n'aurait pas détonné en clôture des Météors, et en tant que premier titre audible de Black City Parade, il constitue un maillon entre les deux disques, ce qui ne semble pas avoir été fait exprès non plus. Malheureusement, la majeure partie des titres de l'album de 2013 ne suivirent pas la direction de cette pop solennelle qui montre que parfois, cette entreprise musicale arrive à avoir une personnalité. Par accident ?


"Ce serait oublier pourquoi les aficionados d’Indochine restent fidèles: aux initiés, aux patients auditeurs qui attendent avec ferveur chacune de ses apparitions scéniques (la prochaine ce samedi à l’Arena est déjà sold out!), Indochine livre un univers complexe, musical certes, mais avant tout littéraire. Enfin, littéraire, s’entend : dans la mesure où la prose labyrinthique de Nicola Sirkis tient lieu de révélation poétique. Ce qui reste discutable.

Ce qui lie Sirkis à l’imaginaire d’Indochine, c’est bien sa plume. Une écriture qui tient lieu de confidence, si ce n’est de thérapie. Le beau Nicola (quoique, renseignement pris auprès des fans, certain(e)s pensent le contraire) a fait de la chanson pop un parfait dévidoir de ce qu’il nommera à maintes reprises son 'mal indéfinissable'."

Fabrice Gottraux, La Tribune de Genève, avril 2010


Voir aussi sur le blog : 
 


À lire également :

Psychanalyse : sale temps pour les charlatans (Sophie Robert pour L'Express)


Annexes :
Version avec Marc Bolan (pochette de The Slider) et le Bowie de 1975.

 
photo non-inversée
 
Réalisation de l'affiche du Meteor Tour (source : isuro.net)

Une liste non exhaustive des personnalités présentes sur la pochette, relevée par Christian Eudeline dans L'Aventure Indochine (Prisma, 2018) :

André Breton
Arthur Rimbaud
Betty Page
Brigitte Lahaye
Chloé Delaume
David Bowie
Guillaume Apollinaire
Hirohito
Jacques Dutronc
Jean-Paul Sartre
Joséphine Baker
Mao Zedong
Marguerite Duras
Mohandas Karamchand Gandhi
Patti Smith
Paul McCartney
Pierre & Marie Curie
Sid Vicious
Sigmund Freud
Simone de Beauvoir
Sue Combo

2010 - Hello Manchester !

Durant le Meteor Tour, Boris Jardel avait l'habitude de se faire un petit kif avant "Drugstar", immortalisé sur le film Putain de Stade.

À 1:17, vous l'entendez dire maladroitement "Hello, Manchester !", au Stade de France, à Saint-Denis.


Mais comme toujours chez Indochine Mk2, il y a un original.

En l'an 2000 à Londres, Liam Gallagher lance "Hello Manchester !" (à 0:15 sur la vidéo ci-dessous). Parce qu'Oasis sont mancuniens, eux, et nous vous renvoyons à la riche et fascinante histoire de la pop anglaise pour comprendre en quoi il est amusant de dire "Hello Manchester !" à des Londoniens. Nous entendons parfaitement les huées du public, réponse à la fantaisie du chanteur.


En France, cela n'avait aucune autre finalité que d'amuser les quelques-uns qui connaissent ce live d'Oasis. Si Jardel avait voulu faire le malin, il aurait été plus dangereux et plus pertinent pour un Français de dire "Bonsoir Hénin-Beaumont !" à des Niçois par exemple. Mais l'envie pour ce fan indéboulonnable des frères Gallagher de se prendre pour un lad était plus forte.

Boris Jardel et son Epiphone Supernova Noel Gallagher sur le 13 Tour, 2018

Nous aussi on aime bien Oasis, cette pop anglaise in your face et pensée comme telle : un groupe prolétaire à l'assaut des charts britanniques et toutes voiles contre les posh art students. Mais quitte à vouloir référencer l'attitude de Liam Gallagher, rappelons tout de même que ce dernier, au delà d'être un vrai lad mancunien, avait déjà consciemment pastiché les looks de John Lennon et de Ian Brown. Le chanteur d'Oasis, à la différence d'un Boris Jardel affublé d'un maillot de l'équipe nationale anglaise, n'a pas besoin de se déguiser en un personnage pour être ce qu'il est. Nous regrettons d'avoir à rappeler ici que la classe sociale n'est pas un déguisement, même distanciée par le changement de pays. Sommes-nous vraiment les seuls à trouver affligeant cet alignement de stéréotypes britons systématiquement proposé par le guitariste ?

La queue de la comète semble être une vraie zone de confort pour Indochine Mk2, dont l'histoire n'entretient aucune espèce de lien avec Manchester ni même franchement avec l'Angleterre au delà de quelques goûts pour certaines figures célébrissimes. Nous n'épiloguerons donc pas davantage sur le ridicule de lancer "Hello, Manchester !" à Saint-Denis pour enchaîner sur le consternant "Drugstar", une composition de Nicolas pour Wax (1996).

Un album profondément révélateur de l'incompréhension et du dépassement de Nicolas face aux musiques britanniques de cette époque. Un comble.
Si seulement la lumière pouvait être plus sombre
Si seulement Saint-Denis c'était la banlieue de Londres
Fatal Picards, "Cure Toujours", 2007

Voir aussi sur le blog :

2009 - La République des Meteors 
 
 
Annexes :

2009 - Un ange à ma table


The Kills en janvier 2008


The XX en avril 2009


Indochine en janvier 2010


The Kills ont aussi été repris pour la séance photo du livre Kissing My Songs :




Inutile de souligner l'absence évidente de points communs musicaux. La mention de The Kills et de The XX a disparu des interviews de Nicolas en même temps qu'ils disparurent de la mode. Nicolas comme toujours, n'était intéressé que par le fait de piocher dans les visuels des groupes hype, ce qu'il admet sans pression :

"Aujourd'hui le clip m'intéresse moins, j'ai un peu l'impression d'avoir fait le tour du sujet. J'y ai mis des références notoires, le clip de the XX, celui de The Kills, la rétroprojection que j'ai toujours utilisée. Deux ou trois pochettes de disque, le film Lost in Translation... Il y a comme toujours quantité de références dans ce clip, et je n'ai aucune honte à le dire. Je n'ai rien volé, ce n'est pas du plagiat ! J'avais parlé de ça avec Luc Besson, il m'avait fait remarquer une référence à Bienvenue, Mister Chance, qui est l'un de mes films de chevet, comme il l'est aussi pour lui. Dans le clip de Un ange à ma table, on voit Suzanne et moi de profil, dans les couleurs d'une pochette de Placebo. Quand je suis sur son épaule et que je lui parle, c'est la scène devenue mythique de Lost In Translation, quand ils se parlent et qu'on ne saura pas ce qu'ils se sont dit. Je puise mes références partout, et j'en sème partout. Je suis le plus grand voleur, en fait. Ça a été mon gros problème durant l'écriture de La République des Meteors, je ne savais pas du tout où j'allais. J'étais à sec, et il y a eu encore un miracle, parce que je ne voulais pas d'un album conceptuel, et pourtant il s'est avéré en être un encore, c'est un miracle. Je ne peux pas concevoir tout ça différemment, c'est en moi. Je ne sais pas comment les gens qui travaillent autour de moi le ressentent. Si ça ne les énerve pas que je touche à tout ? Je suis dans une position où je ne réalise pas l'importance que j'ai pour un certain nombre de personnes. Et la popularité, je ne m'en rends pas compte non plus, parce que je vis normalement. Je suscite sûrement du respect comme de la jalousie, ou de l'intérêt.
Boris dit que je suis visionnaire, mais ça m'ennuie qu'on me voit comme ça. Je ne suis pas calculateur, je 'sens' les choses qui vont peut-être arriver. Pourquoi aujourd'hui, avec un album comme La République des Meteors, qui n'est pas un sujet facile, on voit arriver autant de gens qui veulent nous voir en concert ? Est-ce que ces documents sur les guerres, sur l'histoire, c'est visionnaire ou pas ? Je l'ignore. Un jour, j'avais rencontré Jamel Debbouze, et il m'avait dit : 'tu te rends compte que tu n'as jamais été à la rue ?' Il voulait dire qu'on n'avait jamais été ringards, pourtant on a essayé de nous faire passer pour des ringards, mais je crois qu'on a toujours essayé d'innover. Le côté innovateur, je le vois dans ma volonté de toujours être le premier à faire des trucs : le premier à faire Bercy, le Stade de France... Mais j'ai aussi utilisé des recettes. Pour la photo du Stade de France, on pourra dire que j'ai copié : oui, c'est la photo d'Avedon !




J'ai toujours adoré l'émulation, j'aime bien l'idée des Stones qui voient les Beatles faire un album psychédélique et qui se précipitent pour en faire un aussi.
J'ai sans doute engendré quelques monstres. Quand je vois arriver des groupes post-Paradize, qui sont inspirés d'Indochine, des gens qui nous copient, c'est un peu décevant. Des espèces de groupes emo, qui ne marcheront jamais. Ce principe de signer des clones, on l'avait déjà vécu dans les années 80. Pour finir  sur ce point, je ne dis pas que je suis visionnaire, je dis que j'ai surtout beaucoup de chance : d'avoir rencontré Oli, d'avoir ce public... Mais je ne m'endors pas sur mes lauriers, et c'est venu depuis le début. Quand on a eu ce premier succès, je l'ai vécu comme une catastrophe, parce que je me demandais comment on allait en avoir un deuxième de la même teneur."

Nicolas Sirchis in Indochine, le livre, Jean-Éric Perrin, 2011


Nous, ce qui nous pose question, c'est ce besoin curieux de se défausser de toute accusation de plagiat dans le livre officiel de 2010. Se rendait-il compte qu'il allait trop loin, et voulait-il anticiper la réaction des critiques ? Répondait-il à Christophe Sirchis qui avait repéré plusieurs "références" dans Starmustang, comme il semble également le faire au sujet de Stéphane dans le même livre officiel ? Est-ce également pour alléger son fardeau qu'il prétend souffrir de groupes qui les copient - après avoir béni les indéfendables Divisions de la pop ? L'image que nous renvoie ce blabla préparé comme une plaidoirie, c'est celle d'un homme dont la conscience n'est pas tranquille.

L'inspiration, l'émulation, la référence, l'hommage, c'est une chose. Mais ce n'est pas parce qu'il avoue avoir piqué certaines choses que cela règle la question. Reste que Nicolas ne sait parler que de pochettes d'albums et de looks, et ne sait pas s'inspirer musicalement de ce qu'il aime, encore moins digérer ses influences. C'est un homme sans idées, sans pensée, qui semble croire qu'une collection de visuels suffit à bricoler un discours. Les personnes qu'il cite se sont inspirées de beaucoup de choses - David Bowie par exemple était le premier à s'inspirer ouvertement, philosophiquement et musicalement, des époques qu'il traversait - mais ne se sont jamais contentées de ressortir exactement la même tambouille avec leur propre sceau. Or nous montrons au fil de ce blog que Nicolas ne sait que s'inspirer de choses superficielles pour les recracher telles quelles, tout cela en pensant avoir fait le tour de la question après avoir réalisé un clip ! Lui-même nous avoue que ce qui l'intéresse c'est d'être le premier.

Dans ce cas, peut-être faudrait-il considérer des propositions moins ouvertement référencées.
"La référence est une déférence mêlée d'une soupçon de gloire par procuration."
Simon Reynolds in Retromania, Le Mot et le Reste, 2012

Voir aussi sur le blog : 2009 - La République des Météors